06/02/2010

HISTOIRE: ACCOMPAGNEMENT SOCIAL DANS LE QUARTIER BLAES-HAUTE (1993)

 

ACCOMPAGNEMENT SOCIAL DANS LE QUARTIER BLAES-HAUTE UN LOCAL PAR PITIE

CLAEYS,JANINE

Jeudi 16 septembre 1993

Accompagnement social dans le quartier Blaes-Haute

«Un local, par pitié!»

Le bruit, la saleté des escaliers, les portes cassées, les problèmes d'eau chaude... Voilà quelques-unes des réclamations que les responsables des logements sociaux entendent fréquemmment. Ce n'est pas neuf. Mais de plus en plus de «réclamants» jouent aujourd'hui dans une nouvelle pièce triste: celle de l'emploi, ou plutôt du chômage. Un problème, c'est difficile, deux c'est... pire.

Didier Gosuin, responsable du logement au sein du gouvernement bruxellois, aurait-il compris le risque de dégringolade psychique et sociale vécue par ces personnes? Une dégringolade que l'on ne réalise pas tout seul, mais en entraînant à sa suite sa famille. En tout cas, sans prétendre s'attaquer aux racines du mal et à l'exclusion sociale dans son ensemble, il a, en avril dernier, imaginé une mission d'«accompagnement» dans trois cités différentes, l'une à Auderghem, et les deux autres à Bruxelles, dont celle du quartier Blaes-Haute. C'est le Syndicat des locataires de logements sociaux (SLLS) qui y a été chargé de la mission.

Les responsables du SLLS, tout en se félicitant de l'initiative de Gosuin, attirent aujourd'hui l'attention sur leurs difficultés. Pour le quartier Blaes-Haute, une personne à mi-temps, l'obligation d'utiliser l'infrastructure du Syndicat à Anderlecht, c'est-à-dire pas tout près, ou de se loger dans un vieux mobile home... Pour attirer l'attention, celui-ci est garé pour le moment le long de la cité, rue Pieremans.

- Vraiment trop peu, clament René De Jonghe, le coordinateur de l'opération, ainsi que José Garcia, le secrétaire général du Syndicat des locataires.

Ils estiment que pour «bien» travailler ils auraient besoin de quelques petites choses supplémentaires. Et surtout d'un local tout près des logements sociaux du quartier Blaes-Haute, ou même parmi ces logements. Ah, si au moins le Foyer bruxellois, responsable de ces logements sociaux et qui ne ménage pas sa peine à diverses occasions, pouvait leur fournir un local! Ce qui, d'après nos plaignants, ne serait pénible pour personne.

MM. De Jonghe et Garcia sont persuadés qu'il y a moyen de modifier certaines habitudes des locataires, de les rendre davantage responsables de leurs immeubles. Ils ont déjà organisé des réunions de locataires, des rencontres individualisées, et même une permanence - dans une pièce mise à leur disposition par une locataire . Ils ont aussi créé un journal, «L'Espiègle», dans lequel ils font paraître des lettres ouvertes, des questions-réponses, pour une enquête...

L'opération est bien lancée: on se met à trouver normal, par exemple, que chacun nettoie son escalier. Une campagne de propreté générale est sur le point de voir le jour, et l'on évacuera dans des containers les objets encombrants. Les locataires semblent accepter la discussion et la décision démocratique.

Il n'empêche: pour que l'affaire n'avorte pas, les locataires doivent se sentir soutenus, et non méprisés. Un local pour abriter leurs réunions, et éventuellement des fêtes. L'argent manque aussi, c'est sûr... mais moins que le local. Le Foyer bruxellois, dont nos «syndicalistes» disent par ailleurs beaucoup de bien, l'entendra-t-il?

JANINE CLAEYS

 

22:33 Écrit par SYNDICAT DES LOCATAIRES 02/522 98 69 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicat des locataires, foyer bruxellois |  Facebook |

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